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 Bienvenue sur la Dune du pilat : Une affaire privée - publique |
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C'est à tort que l'on associe le pyla à arcachon. En fait, c'est la commune de La Teste-deBuch. Comme c'est à tort que 'on croit que la dune du Pilat appartient à l’Etat.
Résidences principales : 9 470. Résidences secondaires : 2 849. Superficie de La Teste-de-Buch : 26 020 ha, dont 14 000 de forêts et 27 kilomètres de plages. Superficie du pyla : 696 ha. Habitants au pyla : 2 300 à l'année et 20 000 l'été.
Jean-François Acot-Mirande, le maire socialiste de La Teste-de-Buch, sait bien qu'au pyla la majorité des habitants ne sont pas de son bord politique. Il s'en accommode : « Pour eux, ce qui importe, c'est que l'on ne touche à rien. Ils veulent garder leur ville sous les pins et qu'on leur foute la paix. » Le président Pompidou, qui voulait installer ici une réplique de La Grande-Motte, s'est cassé les dents sur ce protectionnisme environnemental. C'est l'un de ses conseillers, Michel Jobert, un fidèle de la région, qui avait donné le coup de grâce à ce pharaonique projet. Même échec lorsque, il y a quelques années, on a voulu installer un grand centre de thalassothérapie, presque au pied de la dune. Ce conservatisme a eu le mérite de ne pas faire connaître au pyla le massacre architectural subi par arcachon.
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La longue bande d'une dizaine de kilomètres, sur un de large, reste en cela fidèle à la station balnéaire qu'avait voulu en faire Daniel Meller au début du XXe siècle, et à l'esprit de Louis Gaume, le modeste plombier de gauche qui, avec l'aide du baron de Rothschild et du duc Decaze, en est devenu le principal aménageur et constructeur. Les Gaume ont marqué le pyla, comme les Lesca ont marqué le cap ferret. L'entreprise, qui a construit plus de 4 000 maisons les maisons Gaume -, de style basque ou landais, est toujours installée ici. Ses bâtiments n'ont pas changé et elle est toujours dirigée par un Louis Gaume, petit-fils du fondateur. Il explique aujourd'hui comment le développement du pyla, dans sa partie la plus proche de la dune, a commencé par l'hôtellerie. |
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En 1930, alors que quelques grandes familles avaient déjà installé leurs propriétés dans la continuité d'arcachon, Louis Gaume décide de créer un hôtel. Il lui donne un nom basque, ce qui était alors à la mode : Haïtza. |
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L'Haïtza est toujours là, imposant. Il est resté la propriété de la famille Gaume. Mais il est fermé depuis trois ans. Associée avec le Domaine du Soleil, l'entreprise Gaume nourrit le projet de le rénover entièrement et d'ajouter 26 chambres aux 46 qui ont fait sa gloire : c'était les toutes premières avec des toilettes, et l'hôtel était alors l'un des plus beaux de la côte atlantique. Parmi ses premiers clients se pressaient l'actrice Annabella, la couturière Jeanne Lanvin, la famille Michelin et, plus tard, Pierre Mendès France, Charles Trenet et Yves Montand. Certains de ses clients, découvrant ainsi la région, y ont acheté terrains et maisons... construites par Gaume, évidemment. |
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En face de 1'Haïtza, un autre hôtel : le Ttiki-Etchea. Il est en bordure de bassin mais, curieusement, les fenêtres de ses 29 chambres ne donnent guère sur l'eau : c'est parce qu'ici étaient logés servantes, nounous et petit personnel des célébrités séjournant en face. La famille Gaume s'en est défait et c'est aujourd'hui Micheline Gendraud qui en est propriétaire. « Je l'ai acheté 3 millions de francs [450 000 euros] ily a une vingtaine d'années et, comme j'étais lingère,je n'avais pas un sou. Alors, j'ai emprunté à 14%. C'est pour cela qu'à 74 ans je continue à travailler. » Francine Gaume continue également de diriger l'hôtel-restaurant de la Corniche. Mais elle est plus jeune que Micheline, et la belle-sour de Louis Gaume surmonte par son travail les coups du sort qui n'ont pas manqué de frapper sa famille (décès de son mari, revers économiques de son fils, le fondateur de la société Calisto...). Son hôtel de 15 chambres (de 65 à 76 euros) et le restaurant qui y est attaché offrent certainement l'une des plus belles vues sur le banc d'arguin, le bassin et la pointe du cap ferret. Mais que viennent les grandes tempêtes et les coups de vent, alors Francine Gaume tremble, tant l'endroit est isolé face aux éléments, blotti contre cette dune qui avance.
Cette dune du Pilat, classée grand site national, visitée par un million et demi de personnes chaque année, le maire de La Teste voudrait bien qu'elle revienne dans le giron de l'Etat : la commune loue des terrains dessus et délivre ensuite des baux commerciaux aux échoppes installées au pied de l'escalier d'accès au sommet. Et les collectivités doivent s'en remettre à une société privée installée sur un terrain de particuliers pour assurer fort cher le parking des visiteurs. Une situation lourde de tensions, qui s'est déjà traduite par trois incendies de commerces en quelques années et qui pourrait se solder par une déclaration d'utilité publique du terrain. |
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