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La
merveille, véritable
coeur de l'abbaye du mont saint michel
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Depuis
1066, le duc de Normandie
était devenu roi
d'Angleterre. Or le duché
était passé
aux mains de la dynastie
des comtes d'Anjou, les
Plantagenêt, et le
mariage de l'un d'entre
eux, Henri II, avec Aliénor
d'Aquitaine, avait ajouté
à son domaine d'immenses
possessions nouvelles. Roi
dans les îles britanniques,
il était, pour ses
biens sur le continent,
vassal d'un roi de France
infiniment moins puissant
que lui. |
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Cette situation dégénéra
en un long conflit qui occupa tout le
XIIe. L'empire Plantagenêt s'effondra
à l'aube du XIIIe siècle,
quand le roi de France Philippe Auguste
conquit la Normandie à l'issue
d'une campagne militaire très
rapide, menée dans l'année
1204. Au cours de cette campagne, une
troupe de bretons, alliée du
roi de France, incendia le mont saint michel.
Les dégâts semblent avoir
été importants, notamment
côté nord où un
grand bâtiment, construit au siècle
précédent par l'abbé
Roger II, fut la proie des flammes.
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| Le
manque de moyens
financiers et la
discorde qui régnait
entre les moines
et leur abbé,
Jourdain, empêchèrent
de réparer
immédiatement.
Il fallut attendre
1211 pour que la
situation commence
à s'éclaircir
: cette année-là,
Philippe Auguste,
qui succédait
aux ducs de Normandie
dans le rôle
de protecteur de
la communauté
monastique, lui
fit une donation
importante. L'année
suivante, l'abbé
Jourdain disparut.
Son successeur Raoul
des Isles put alors
entreprendre, sur
la base des murs
subsistants du bâtiment
incendié
en 1204, la construction
d'un nouveau monastère.
Trois bâtiments
furent prévus;
chacun devait avoir
trois
niveaux. |
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Grâce
à l'expérience
acquise pendant
les grands siècles
bénédictins
qui venaient de
s'écouler,
l'architecte bénéficiait
d'une parfaite connaissance
des besoins de la
communauté
et des espaces adaptés
à chaque
activité
monastique. De plus,
les nouvelles méthodes
de construction,
que nous appelons
gothiques, développées
depuis plus d'un
demi-siècle
sur les chantiers
des cathédrales,
permettaient de
réaliser
les projets les
plus audacieux En
17 ans, de 1211
à 1228, deux
des bâtiments
prévus sont
achevés.
Ils constituent
ce qu'on appelle
la merveille. Aux
difficultés
que rencontrait
la construction
d'un tel ensemble
sur la pente du
rocher, le génie
de l'architecte
a trouvé
des solutions techniques
qui contribuent
à créer
les volumes diversifiés
qui correspondent
le mieux aux différents
moments de la vie
monastique. |
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| Les
six salles de la
merveille, qui forment
ensemble un monastère
presqu'idéal,
constituent ainsi
une leçon
d'architecture exceptionnelle.
Le troisième
bâtiment prévu
n'est jamais sorti
de terre. Le XIIIe
siècle marque
en effet un tournant
dans l'histoire
spirituelle du moyen
âge et, sous
l'impulsion de saint
François
d'Assise, les moines
les plus brillants
s'orientent vers
les ordres mendiants,
pour prêcher,
en ville, près
des pauvres. Dans
les cloîtres
bénédictins,
la vie régulière
commence à
décliner.
L'abandon du chantier
de la merveille
est le témoin
de cette évolution.
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